Vous envisagez de vendre votre maison « en l’état » et vous vous demandez ce que cela implique concrètement dans le compromis de vente ? Cette formule juridique peut effectivement vous protéger contre certains recours de l’acheteur après la transaction, mais elle ne vous dispense pas de vos obligations légales de vendeur. Comprendre précisément la portée de cette clause vous permettra de sécuriser votre vente tout en évitant les mauvaises surprises.
Voyons ensemble comment fonctionne réellement un compromis de vente pour une maison en l’état, quelles protections il vous offre, et surtout, comment le rédiger correctement pour que votre transaction se déroule sereinement.
Compromis de vente d’une maison en l’état : quelle protection pour vous, vendeur ?
La clause « en l’état » dans un compromis de vente immobilière constitue un mécanisme de protection pour vous, vendeur particulier. Son objectif principal : limiter votre responsabilité après la vente en vous exonérant de la garantie légale des vices cachés, prévue aux articles 1641 et suivants du Code civil (dont l’article 1643).

Concrètement, cette clause vous protège contre les défauts que vous ne connaissiez pas au moment de la signature du compromis. Si un problème surgit après la vente et que vous pouvez prouver que vous l’ignoriez totalement, l’acheteur ne pourra généralement pas se retourner contre vous.
Attention toutefois : cette protection reste limitée. Elle ne vous dispense ni de fournir l’ensemble des diagnostics techniques obligatoires, ni d’informer l’acheteur sur tous les défauts dont vous avez connaissance. La clause « en l’état » ne fonctionne que si vous avez agi en toute transparence et bonne foi.
Définition et portée de la clause « vente en l’état »
Vendre « en l’état » signifie que vous cédez votre bien tel qu’il se présente le jour de la vente, avec tous ses défauts, apparents ou non. L’acheteur accepte d’acquérir le bien dans son état actuel, sans pouvoir ensuite vous reprocher des imperfections qu’il aurait pu constater lors des visites ou qui figurent dans les diagnostics.
Cette clause couvre spécifiquement les vices cachés que vous ne connaissiez pas au moment de la transaction. Un vice caché, c’est un défaut qui n’était pas visible lors de la visite et qui rend le bien impropre à l’usage prévu, ou qui diminue tellement cet usage que l’acheteur ne l’aurait pas acheté (ou à un prix inférieur) s’il l’avait su.
En revanche, la clause ne couvre pas :
- Les défauts apparents que l’acheteur a pu constater lui-même
- Les défauts révélés par les diagnostics techniques que vous lui avez remis
Si le rapport d’amiante mentionne la présence de matériaux amiantés, l’acheteur ne pourra pas invoquer ce point comme vice caché.
L’appréciation se fait à la date du compromis de vente et de l’acte authentique : c’est à ces moments précis qu’on évalue ce que vous saviez ou non sur l’état du bien.
Distinction clé : vendeur professionnel vs vendeur non-professionnel
Cette distinction est fondamentale. Si vous êtes un vendeur particulier qui vend sa résidence principale ou secondaire de manière occasionnelle, vous pouvez légitimement vous prévaloir de la clause d’exclusion de garantie des vices cachés.

En revanche, si vous êtes considéré comme un professionnel de l’immobilier (marchand de biens, promoteur, investisseur qui vend régulièrement), vous ne pouvez pas vous exonérer de cette garantie. Les professionnels sont présumés connaître les défauts des biens qu’ils vendent, et la loi les oblige à en répondre.
Le risque de requalification existe si vous vendez plusieurs biens dans un laps de temps réduit, ou si votre activité de vente présente un caractère organisé et répétitif. Un vendeur qui achète, rénove et revend plusieurs maisons par an peut être requalifié en professionnel, même sans statut juridique d’entreprise.
Si vous avez le moindre doute sur votre statut (par exemple si vous vendez votre troisième bien en deux ans), parlez-en à votre notaire avant de signer quoi que ce soit. Il pourra vérifier votre situation et vous conseiller sur la validité de la clause dans votre cas précis.
L’exonération de la garantie des vices cachés : votre principal avantage
L’article 1641 du Code civil pose le principe : le vendeur est tenu de garantir l’acheteur contre les vices cachés qui rendent le bien impropre à l’usage ou qui en diminuent tellement l’usage que l’acheteur ne l’aurait pas acquis, ou en aurait donné un moindre prix.
La clause « en l’état » vous permet d’écarter cette garantie légale, à condition que vous ayez ignoré le vice et agi de bonne foi. C’est votre principal avantage : vous limitez considérablement les possibilités de recours de l’acheteur après la signature de l’acte authentique.

Cette exonération a toutefois ses limites. Elle ne joue pas en cas de :
- Dol (manœuvre frauduleuse de votre part pour tromper l’acheteur)
- Faute lourde
- Dissimulation volontaire d’un défaut que vous connaissiez
Si vous avez délibérément caché un problème important, la clause sera écartée par le juge.
Dans la pratique, cette protection vous évite de nombreux litiges. L’acheteur qui découvre après la vente une petite fissure que vous ne connaissiez pas, ou un problème d’humidité ponctuel dont vous n’aviez jamais eu connaissance, ne pourra généralement pas engager votre responsabilité si vous avez été transparent sur tout ce que vous saviez.
Vous voulez vendre rapidement sans craindre les complications juridiques ? Avec Bien Vite Vendu, vous vendez en quelques jours sans clause suspensive d’obtention de prêt ni négociation interminable. Votre transaction est sécurisée et rapide.
Vos obligations légales de vendeur restent inchangées
La clause « en l’état » ne vous dispense d’aucune de vos obligations légales de vendeur. Elle ne fait que limiter votre responsabilité sur les défauts que vous ignoriez. Tout le reste demeure : vous devez fournir les diagnostics obligatoires, informer l’acheteur de tout ce que vous savez, et agir avec transparence.
Ne pas respecter ces obligations peut vous exposer à des sanctions, même avec une clause « en l’état » parfaitement rédigée. Un manquement grave à votre devoir d’information peut être requalifié en dol, ce qui annulerait complètement la protection que vous pensiez avoir.
La traçabilité de vos déclarations est essentielle. Tout ce que vous dites à l’acheteur doit être consigné par écrit, idéalement dans le compromis de vente lui-même. Les promesses orales ou les « arrangements » non formalisés n’ont aucune valeur protectrice pour vous.
L’obligation de fournir un Dossier de Diagnostic Technique (DDT) complet
Le DDT (Dossier de Diagnostic Technique) regroupe l’ensemble des diagnostics immobiliers obligatoires que vous devez annexer au compromis de vente, puis à l’acte authentique. Cette obligation s’impose à tous les vendeurs, quelle que soit la clause insérée dans le contrat.
Pour une maison, vous devez généralement fournir :
- Le diagnostic de performance énergétique (DPE)
- Le diagnostic amiante (si le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997)
- Le constat de risque d’exposition au plomb ou CREP (si la construction date d’avant 1949)
- L’état de l’installation électrique (si elle a plus de 15 ans)
- L’état de l’installation de gaz (si elle a plus de 15 ans)
- L’état relatif à la présence de termites (dans les zones délimitées par arrêté préfectoral)
- L’état des risques et pollutions (ERP)
- Le diagnostic de l’installation d’assainissement non collectif (si votre maison n’est pas raccordée au tout-à-l’égout)
Chaque diagnostic a une durée de validité spécifique. Un DPE est valable 10 ans, un diagnostic amiante illimité s’il est négatif, un diagnostic termites seulement 6 mois. Si l’un de vos diagnostics est périmé, vous devez le faire refaire avant la signature du compromis.
L’absence ou l’obsolescence d’un diagnostic obligatoire peut entraîner l’annulation de la vente, ou permettre à l’acheteur de demander une réduction du prix. Dans certains cas, des sanctions pénales sont même prévues.
Le devoir d’information : transparence sur les défauts connus
Au-delà des diagnostics, vous avez un devoir général d’information sur tout défaut, vice ou sinistre dont vous avez connaissance. Ce devoir ne figure pas toujours explicitement dans la loi, mais découle du principe de bonne foi qui régit les contrats.

Vous devez déclarer clairement dans le compromis toute information significative :
- Une fuite récurrente que vous avez fait réparer plusieurs fois
- Un problème d’humidité dans la cave
- Une fissure évolutive
- Un litige avec le voisinage
- Un sinistre déclaré à votre assurance
- Des travaux importants réalisés récemment
Joignez au compromis toutes les pièces justificatives : factures de réparations, devis de travaux non réalisés, rapports d’expertise que vous auriez commandés, historique des déclarations de sinistres. Cette documentation prouve votre transparence et renforce votre protection.
Ne minimisez jamais un défaut connu, même s’il vous paraît mineur. Une simple omission peut suffire à démontrer votre mauvaise foi et annuler totalement la protection de la clause « en l’état ». Mieux vaut mentionner un détail qui paraîtra insignifiant que de prendre le risque d’un litige ultérieur.
La notion de « dol » : la limite à ne pas franchir
Le dol, c’est la ligne rouge à ne jamais franchir. Il désigne les manœuvres frauduleuses ou la dissimulation volontaire d’informations destinées à tromper l’acheteur pour le décider à acheter ou à payer plus cher.
Des exemples concrets de dol :
- Repeindre une pièce pour masquer des traces d’humidité récurrente sans en informer l’acheteur
- Fournir de faux relevés de consommation énergétique
- Couper le système de chauffage lors des visites pour dissimuler un dysfonctionnement
- Affirmer que la toiture vient d’être refaite alors qu’elle nécessite des réparations urgentes
Les conséquences du dol sont lourdes. L’acheteur peut demander :
- L’annulation pure et simple de la vente
- Une réduction substantielle du prix
- Des dommages et intérêts pour compenser son préjudice
Vous devrez également supporter les frais de procédure. Et surtout, la clause « en l’état » sera totalement écartée.
Pour prévenir tout risque, adoptez une règle simple : transparence absolue et preuves écrites de tout ce que vous communiquez. Si vous avez un doute sur l’opportunité de mentionner tel ou tel point, mentionnez-le. Vous ne serez jamais sanctionné pour excès de transparence.
Comment intégrer la clause « en l’état » dans le compromis de vente ?
La rédaction de la clause « en l’état » ne s’improvise pas. Une formulation approximative ou incomplète peut la rendre inopposable à l’acheteur en cas de litige. À l’inverse, une clause claire, précise et validée par votre notaire vous offrira une protection solide.

Votre objectif : faire en sorte que la clause soit compréhensible, acceptée en connaissance de cause par l’acheteur, et cohérente avec l’ensemble des documents que vous fournissez (DDT, factures, rapports). Cette cohérence est essentielle pour démontrer votre bonne foi.
Gardez à l’esprit que le notaire a un rôle de conseil pour les deux parties. Il veillera à ce que le contrat soit équilibré et conforme à la loi. Faites-lui confiance pour adapter la formulation à votre situation particulière.
Formulation type de la clause d’exclusion de garantie
Voici un exemple de formulation classique, que votre notaire adaptera selon votre situation :
« Le bien est vendu en l’état, avec exclusion de la garantie des vices cachés conformément aux articles 1641 et suivants du Code civil, sauf dol ou faute lourde du vendeur. L’acquéreur reconnaît avoir visité le bien, en avoir pris parfaite connaissance et l’accepter en l’état actuel, avec ses qualités et défauts éventuels. »
Cette formulation présente plusieurs avantages :
- Elle mentionne explicitement le fondement légal (articles 1641 et suivants)
- Elle rappelle les limites de l’exonération (dol et faute lourde exclus)
- Elle confirme que l’acheteur a bien eu l’occasion de constater l’état du bien
Évitez les formules vagues du type « vendu tel quel » ou « sans garantie aucune », qui sont souvent jugées trop imprécises ou trop larges. Un juge peut considérer qu’elles ne constituent pas une exclusion valable de la garantie des vices cachés.
Adaptez la clause aux spécificités de votre bien. Si vous vendez une maison avec dépendances (garage, remise, piscine), précisez que la vente en l’état s’applique également à ces éléments. Si vous vendez avec certains équipements (cuisine équipée, chaudière), listez-les et indiquez leur ancienneté approximative.
Assurez-vous que l’acheteur a bien compris la portée de la clause. Le notaire doit lui expliquer clairement ce qu’elle signifie, et cette explication doit idéalement être mentionnée dans l’acte (par exemple : « L’acquéreur reconnaît avoir été informé de la portée de la clause d’exclusion de garantie »).
Le rôle crucial du notaire dans la validation de la clause
Votre notaire n’est pas un simple rédacteur d’actes. Il a une mission de conseil et de vérification de la validité juridique des clauses insérées dans le contrat. Son rôle est de protéger les deux parties en s’assurant que le compromis respecte la loi et qu’il est équilibré.
Concernant la clause « en l’état », il vérifiera d’abord votre qualité de vendeur non-professionnel. Si vous avez vendu plusieurs biens récemment, il vous questionnera pour s’assurer que vous ne risquez pas une requalification.

Il ajustera ensuite la rédaction de la clause pour qu’elle soit parfaitement opposable à l’acheteur. Il veillera à ce qu’elle ne soit pas rédigée de manière abusive (ce qui la rendrait inopposable), tout en vous offrant la protection maximale permise par la loi.
Le notaire s’assurera également de la cohérence entre la clause, les diagnostics annexés et les déclarations que vous faites dans le compromis. Si vous mentionnez un problème d’humidité connu, il le formalisera clairement dans l’acte pour qu’il ne puisse pas être considéré plus tard comme un vice caché non déclaré.
Enfin, il anticipera les risques potentiels avant la signature de l’acte authentique. Si un point lui paraît litigieux ou susceptible de créer un contentieux, il vous en informera et vous conseillera sur la meilleure manière de le traiter.
Lister les travaux connus pour renforcer votre protection
Une bonne pratique consiste à dresser une liste détaillée des désordres connus, des travaux réalisés et de ceux qui seraient à prévoir. Cette liste, annexée au compromis, démontre votre transparence et limite les possibilités de contestation ultérieure.
Pour chaque élément, précisez :
- La nature du problème ou du travail
- La date à laquelle vous l’avez découvert ou réalisé
- Les interventions effectuées (avec factures à l’appui)
- Le cas échéant, les devis que vous avez demandés pour des travaux non réalisés
Par exemple :
- « Infiltration ponctuelle constatée dans le garage en novembre 2022 suite à un épisode pluvieux exceptionnel, réparée par l’entreprise X le 15/12/2022 (facture jointe), aucune réapparition depuis. »
- « Chaudière installée en 2015, entretenue annuellement (contrats d’entretien joints), fonctionne normalement à ce jour. »
Alignez cette liste avec le contenu de votre DDT et vos déclarations écrites. Si le diagnostic électrique mentionne des points à améliorer, reprenez-les dans votre liste en précisant que vous en avez connaissance et que l’acheteur en est informé.
Cette démarche vous protège doublement. Elle prouve votre bonne foi en cas de litige. Et elle évite que l’acheteur découvre après la vente un élément que vous auriez mentionné oralement mais pas par écrit, ce qui pourrait créer une contestation inutile.
Vous en avez assez de gérer diagnostics, visites et négociations interminables ? Bien Vite Vendu rachète votre maison en l’état, sans que vous ayez à vous occuper de quoi que ce soit. Vente finalisée en quelques jours, sans clause suspensive.
Risques et limites : quand votre responsabilité de vendeur peut-elle être engagée ?
Même avec une clause « en l’état » correctement rédigée, votre responsabilité peut être engagée dans certaines situations. Comprendre ces cas de figure vous permet d’adopter les bons réflexes et d’éviter les erreurs qui annuleraient votre protection.
Les tribunaux écartent régulièrement des clauses d’exclusion de garantie lorsqu’ils estiment que le vendeur a manqué à son devoir de transparence ou qu’il a agi de mauvaise foi. Les juges ne cherchent pas à vous piéger : ils veulent simplement s’assurer que l’acheteur n’a pas été trompé.
Les enjeux financiers peuvent être importants. Selon les cas, vous pourriez devoir :
- Rembourser le coût de travaux
- Accepter une réduction du prix de vente
- Voir la vente purement et simplement annulée
D’où l’importance d’une transparence totale dès le départ.
Si la clause est jugée abusive ou mal rédigée
Une clause rédigée en termes trop généraux ou trop vagues peut être considérée comme inopposable. Par exemple, une formule du type « aucune garantie n’est accordée » sans précision sur les vices cachés, ou sans mention des exceptions légales (dol, faute lourde), risque d’être écartée.

De même, si la clause n’a pas été portée clairement à la connaissance de l’acheteur, ou si celui-ci peut démontrer qu’il n’en a pas compris la portée, un juge peut la déclarer inefficace. Le notaire doit donc veiller à ce que l’acheteur ait bien reçu toutes les explications nécessaires.
Certaines clauses sont incompatibles avec des dispositions d’ordre public. Par exemple, vous ne pouvez pas vous exonérer de votre responsabilité en cas de dol, même si vous l’écrivez noir sur blanc dans le contrat. La loi prime toujours.
La solution pour éviter ces écueils est simple : faites relire et valider la clause par votre notaire. Il connaît la jurisprudence et sait comment formuler une exonération valable et opposable. Ne rédigez jamais vous-même une telle clause, et ne copiez pas un modèle trouvé sur internet.
En cas de preuve de votre mauvaise foi (dissimulation d’un défaut majeur)
Si l’acheteur parvient à prouver que vous connaissiez un défaut important et que vous l’avez volontairement caché, la clause « en l’état » sera purement et simplement écartée. La charge de la preuve lui appartient, mais certains indices sont difficiles à réfuter.
Les preuves peuvent prendre diverses formes :
- Échanges de courriels ou de SMS où vous mentionnez le problème
- Rapports d’expertise que vous avez commandés mais non transmis à l’acheteur
- Devis de travaux datant d’avant la vente
- Témoignages de professionnels intervenus chez vous
- Déclarations de sinistres à votre assurance
Certains comportements sont particulièrement révélateurs :
- Repeindre toute une pièce juste avant la vente sans raison apparente
- Débrancher systématiquement certains équipements lors des visites
- Fournir des factures incomplètes ou modifier des dates sur des documents
Une contradiction entre votre DDT et vos déclarations constitue également une alerte. Si le diagnostic humidité révèle des infiltrations importantes et que vous affirmez ne jamais avoir eu de problème d’humidité, l’acheteur aura beau jeu de contester votre bonne foi.

Pour vous protéger, constituez un dossier complet et cohérent :
- Tous vos diagnostics à jour
- Toutes les factures de travaux et d’entretien des dernières années
- Tous les rapports d’expertise ou d’assurance
- Une déclaration écrite récapitulant tout ce que vous savez sur l’état du bien
Ce dossier prouve que vous n’aviez rien à cacher.
Conséquences : annulation de la vente ou diminution du prix
Lorsque la garantie des vices cachés est jugée applicable (parce que la clause « en l’état » est écartée ou parce qu’elle ne couvrait pas le vice en question), l’acheteur dispose de deux actions principales.
L’action rédhibitoire vise à annuler purement et simplement la vente. L’acheteur vous restitue le bien, vous lui remboursez le prix payé ainsi que les frais de la vente (frais de notaire, frais de déménagement, etc.). Cette action est généralement réservée aux vices graves qui rendent le bien impropre à l’usage prévu.
L’action estimatoire permet à l’acheteur de conserver le bien tout en obtenant une réduction du prix de vente correspondant à la moins-value causée par le vice. Cette action est privilégiée lorsque le défaut, bien que réel, n’empêche pas totalement l’usage du bien.
Dans les deux cas, des dommages et intérêts complémentaires peuvent être réclamés si l’acheteur parvient à démontrer un préjudice supplémentaire (impossibilité d’habiter le bien pendant les travaux, frais d’hébergement provisoire, etc.). Vous devrez également supporter l’intégralité des frais de procédure si vous êtes condamné.
Au-delà des conséquences financières, un litige de ce type peut avoir un impact réputationnel si vous envisagez de vendre d’autres biens, et il allonge considérablement les délais avant que vous puissiez tourner la page de cette vente.
Vous craignez les litiges et les procédures qui traînent en longueur ? Avec Bien Vite Vendu, la vente est définitive dès la signature. Aucun recours possible, aucune mauvaise surprise. Vous tournez la page immédiatement.
Ce qu’il faut retenir
Vendre une maison en l’état via un compromis de vente sécurisé nécessite une compréhension précise de vos obligations et des limites de votre protection. La clause d’exclusion de garantie vous offre une vraie sécurité, à condition de l’utiliser correctement : transparence totale sur les défauts connus, DDT complet et à jour, rédaction validée par votre notaire, et traçabilité documentaire de toutes vos déclarations.
En respectant ces principes, vous pourrez vendre sereinement votre bien tel qu’il est, sans craindre de litiges après la signature. N’oubliez pas que la clause « en l’état » n’est pas une dispense de vos obligations, mais un outil de protection qui ne fonctionne que dans un cadre de parfaite honnêteté.
Si vous avez le moindre doute sur la rédaction de cette clause ou sur les informations à déclarer, consultez votre notaire avant toute signature. C’est la meilleure garantie pour une vente rapide et sans complications ultérieures.
Puis-je vendre une maison avec travaux « en l’état » sans les réaliser ?
Oui, vous pouvez tout à fait vendre votre maison en l’état même si elle nécessite des travaux, à condition d’informer clairement l’acheteur et de fournir un DDT complet. Joignez au compromis tous les devis et rapports dont vous disposez concernant les travaux à prévoir. Cette transparence vous protège et permet à l’acheteur d’acheter en connaissance de cause.
La clause « en l’état » me protège-t-elle contre tous les recours ?
Non. La clause ne vous protège que contre les vices cachés que vous ignoriez réellement au moment de la vente. Elle ne couvre ni le dol (dissimulation volontaire), ni la mauvaise foi, ni les défauts que vous connaissiez et que vous n’avez pas déclarés. Votre protection dépend entièrement de votre transparence.
Dois-je faire passer des experts avant la vente ?
Ce n’est pas obligatoire, mais c’est fortement conseillé si vous avez un doute sérieux sur l’état de votre bien (structure, humidité, installation électrique). Une expertise préalable vous permet de connaître précisément les problèmes existants, de les documenter et de les déclarer en toute transparence. Cela renforce considérablement votre position en cas de contestation.
Comment prouver ma bonne foi en cas de litige ?
Conservez précieusement tous les documents relatifs à votre bien : diagnostics à jour, factures de travaux et d’entretien, devis demandés, rapports d’expertise, déclarations de sinistres, échanges écrits avec l’acheteur. Constituez un dossier complet que vous remettez à l’acheteur au moment du compromis. Cette traçabilité documentaire est votre meilleure protection.
Un notaire peut-il refuser une clause mal rédigée ?
Le notaire ne « refuse » pas à proprement parler, mais il vous fera corriger une clause qui serait juridiquement inefficace ou contraire à la loi. Son rôle est de vous conseiller et de rédiger un acte valable qui vous protège réellement. Faites-lui confiance : une clause retravaillée par le notaire sera toujours plus solide qu’une formule trouvée sur internet.
Vendeur professionnel : puis-je utiliser la clause ?
En principe, non. Si vous êtes considéré comme un professionnel de l’immobilier (marchand de biens, investisseur régulier), vous ne pouvez pas vous exonérer de la garantie des vices cachés. La loi présume que vous connaissez les défauts des biens que vous vendez. En cas de doute sur votre statut, consultez impérativement votre notaire avant de signer quoi que ce soit.
Que risque-t-on en cas de dol établi ?
Si l’acheteur prouve que vous avez volontairement dissimulé un défaut pour le tromper, les conséquences sont lourdes : annulation de la vente ou réduction importante du prix, dommages et intérêts pour compenser le préjudice subi, prise en charge des frais de justice. La clause « en l’état » sera totalement écartée. C’est pourquoi la transparence absolue reste votre meilleure stratégie.
Quels diagnostics sont indispensables pour une maison ?
Pour une maison, vous devez fournir : DPE, diagnostic amiante (si construction avant juillet 1997), CREP ou plomb (si avant 1949), état de l’installation électrique (si plus de 15 ans), état de l’installation de gaz (si plus de 15 ans), état relatif aux termites (zones concernées), état des risques et pollutions (ERP), et diagnostic d’assainissement non collectif si la maison n’est pas raccordée au réseau public. Vérifiez les dates de validité : certains diagnostics doivent être récents.
La clause s’applique-t-elle aux dépendances et équipements ?
Oui, si le contrat le précise explicitement. Faites lister dans le compromis toutes les dépendances vendues avec la maison (garage, abri de jardin, piscine) et tous les équipements inclus dans la vente (cuisine équipée, chaudière, climatisation). Indiquez que la clause « en l’état » s’applique également à ces éléments, avec mention de leur ancienneté approximative.
Faut-il répéter la clause dans l’acte authentique ?
Oui, absolument. La clause doit figurer à la fois dans le compromis de vente et dans l’acte authentique, avec une formulation cohérente entre les deux. Cette répétition renforce sa validité et évite toute contestation ultérieure. Votre notaire veillera à cette cohérence lors de la rédaction de l’acte définitif.



